Marinella

On se sent bien dans le monde de Marinella
De
Franck Buirod
Durée : 1h40
Mise en scène
Julien Alluguette
Avec
Victoria Abril, Didier Brice, Isabelle de Botton, Christophe Canard, Philippe Touzel, Loïs Vial.
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Théâtre de la Madeleine
19, rue de Surène
75008
Paris
01 86 47 23 71
Jusqu’au 27 avril 2025. Du mercredi au samedi 21 h, le dimanche à 17 h.

Thème

  • Claudia, jadis professeure d’Espagnol, se consacre désormais exclusivement à sa passion pour la peinture. Son mari Benoît, expert-comptable de son état, tire le diable par la queue en attendant une hypothétique reconnaissance artistique du talent de son épouse adorée.

  • Mais voilà que l’occasion se présente de donner à Claudia la renommée à laquelle elle aspire, en la personne de l’industriel Saladier, qui lui fait une proposition peu banale.

  • Benoît et Françoise, la sœur de Claudia, poussent l’artiste à saisir cette chance inespérée, mais Claudia a des états d’âme : doit-elle se ranger à l’avis d’Avida Dollars - anagramme de Salvador Dali - pour qui « la beauté sera comestible ou ne sera pas » ?

Points forts

  • Dans cette comédie aux dialogues particulièrement soignés, les réparties sont légion, et chacun en reçoit sa portion (on est loin de L’Argent de la vieille, où toutes les bonnes répliques étaient réservées à Amanda Lear). Ni trop épais, comme hélas le boulevard peut nous en réserver, ni trop chiches, les échanges pétillent et ne cessent de stimuler un public qui rit ou sourit sans jamais bouder son plaisir.

  • Les comédiens savent parfaitement mettre en valeur l’écriture de Marinella : autour de comédiens chevronnés (Isabelle de Botton et Didier Brice), Victoria Abril insuffle un “je-ne-sais-quoi“ de spontané, d’énergique et généreux qui enrichit et dynamise l’ensemble. La surprise vient aussi de Christophe Canard qui, loin de se cantonner au rôle ingrat de faire-valoir, relève le défi et ne se laisse nullement écraser ni impressionner. Il soutient parfaitement la comparaison avec sa célèbre partenaire et actrice, qu’il complète à merveille. 

Quelques réserves

  • Les puristes et autres théoriciens des arts plastiques trouveront peut-être que l’on soulève ici quelques poncifs sur “l’art pour l’art“ et du “peintre maudit“. D’autres - ou peut-être les mêmes - apprécieront modérément d’être visés par le fumeux « multi-sujétalisme », tendance inventée et revendiquée par Claudia…

Encore un mot...

  • On passe un très bon moment avec cette comédie très agréable à suivre et qui évoque de manière plaisante des problématiques (toujours pas résolues) sur les rapports complexes entre l’art, l’argent, le marché, ou encore les contreparties de la notoriété publique.

Une phrase

  • Claudia

    • « J’aime pas réfléchir, c’est pas artistique… »

    • « Je ne me sens jamais aussi vivante que quand je peins une nature morte. »

    • « Envie de merguez ? Hop, Diego Velàsquez ! »

    • « Ce que je recherche ? C’est qu’on dise : “On se sent bien dans le monde de Claudia“. »

  • Claudia [à son mari Benoît] : « Merci de me soutenir… et de m’entretenir.

    - Benoît : Je ne t’entretiens pas, j’investis ! […] Tu es ma poule aux œufs d’or… Enfin, pour l’instant, tu es ma poule… »

  • Claudia [à sa sœur et à Benoît] : « L’argent ! L’argent ! Vous n’avez que ça à la bouche ! »
    - Benoît : « L’argent, quand on en a pas dans la poche, on l’a dans la bouche… »

L'auteur

  •  Franck Buirod, comédien pour des séries ou des courts métrages (Même pas mal, Les yeux de la vigne, Le jour où tout a basculé), a écrit en 2014 pour le théâtre Le bistrot du village puis Et si c’était elle ?, une pièce qui s’est donné au festival d’Avignon en 2024. Marinella est sa nouvelle création. 

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