
Des fleurs pour Algernon
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Thème
Charles Gordon (Charlie pour ses collègues de l’usine dont il nettoie les sanitaires) est un « être modeste et simple » au QI de 68, pourtant bien décidé à satisfaire aux exigences de l’équipe médicale qui entreprend sur lui une singulière expérience scientifique.
D’abord testé avec une souris nommée Algernon, il est sans cesse battu par le minuscule animal sur des exercices portant par exemple sur le trajet de sortie d’un labyrinthe.
Mais après l’opération, l’intelligence de Charlie va connaître une évolution en forme de courbe de Gauss…
Points forts
Saluons ici la performance de Gregory Gadebois, sur le talent duquel repose une pièce que l’on ne peut plus désormais envisager sans lui dans le rôle de ce Charlie devenu Charles Gordon.
Le comédien, en pleine possession de son art, nous offre depuis bientôt dix ans une prestation tout à fait admirable, combinant l’exactitude du jeu sur tous les registres (voix et intonations, gestes, regard, posture…) tout en restituant parfaitement l’évolution - insensible ou par à-coups - d’une intelligence qui investit le personnage de Charlie, avant de s’en retirer.
Grégory Gadebois est remarquablement épaulé par la mise en scène, mais aussi par un décor conçu par Guy Zylberstein, particulièrement approprié et judicieux, tout à la fois cage et laboratoire, dans lequel le comédien se meut, tout enfermé qu’il est. Les jeux de lumières séquencent parfaitement l’évolution vécue par Charlie.
Quelques réserves
- Une expérience très concluante !
Encore un mot...
Le propos sous-jacent de la pièce tente de définir ce qu’est “l’intelligence“ et son corollaire, “être intelligent“. Par certains côtés, c’est faire preuve de discernement, d’ingéniosité, d’opiniâtreté, penser, imaginer…
… Mais n’est-ce pas aussi perdre sa candeur et son innocence à force de comprendre et interpréter son vis-à-vis, pour finalement passer d’un isolement à l’autre, et donc rester un être à part ?
Une phrase
Charlie [lors du test de la tache d’encre] : « Il [le Professeur] me dit : “Jette un coup d’œil, juste un coup d’œil… Moi, je voulais pas. »
Charlie : « Algernon, c’était pas une souris normale. »
L'auteur
Daniel Keyes (1927-2024), natif de Brooklyn, est issu d'une famille modeste, à telle enseigne qu’il est obligé de travailler dès l’âge de 14 ans en dehors de ses heures de collège. Il étudie ensuite la psychologie et la littérature anglaise et bientôt s'essaye à l'écriture et collabore à divers journaux. Il enseigne également dans le secondaire à New York, puis dans le supérieur à la Wayne State University de Chicago puis à l’Ohio University au cours des années 1960.
Ayant côtoyé des élèves très défavorisés - dont un vint le voir pour lui demander de « quitter la ''classe des idiots'' parce qu'il voulait être intelligent» - Daniel Keyes y trouve source d’inspiration pour concevoir Charlie Gordon, personnage principal de sa nouvelle intitulée Des Fleurs pour Algernon, devenue un roman et un énorme succès de la littérature de science-fiction.
La pièce tirée de ce roman a obtenu le Molière du Seul en scène en 2014, l’année du décès de Daniel Keyes.
Commentaires
Peut-être pourriez-vous réserver les 5 coeurs pour Shakespeare, Racine et quelques autres...
Pourquoi réserver les meilleurs notes exclusivement à ce qui est ancien ?
Heureusement, la culture est vivante et doit continuer à raconter son époque.
Et puis, il faut bien créer aujourd'hui les oeuves que vous aimerez peut-être demain ...
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