
Les gens qui rêvent
Publié le 30 octobre 2024
316 pages
22 Euros
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Thème
Avril 2009, un jeune cycliste s’entraîne sur une petite route en Suisse Normande. Avril 2022, devenu coureur professionnel, il revient sur ces terres où il a grandi ; en parallèle, il a étudié la philosophie.
Juin 1954, Dani (Daniel), jeune enfant livré à lui-même, rêve dans les prairies de La Borderie en Normandie. A 11 ans, il suivra sa mère à Paris pour une nouvelle vie. Attiré par les livres, mais point par les études, il apprendra la typographie, deviendra imprimeur et enfin il s’initiera à l’art martial japonais, l’Aïkido. Une vie mouvementée mais le rêve se concrétisera lorsqu’il reviendra à la Borderie avec sa jeune femme.
Août 1567 – Guy Lefèvre, un humaniste plongé dans ses livres, vit avec sa famille dans le manoir de La Borderie… en Normandie ! Loin des « moments terrestres », il étudie et traduit la Bible. Il se rendra à Anvers chez l’éditeur Christophe Plantin afin de participer à la traduction et l’impression du grand livre la Bible Polyglotte. Il partira aussi à la Cour de France avant de revenir en son domaine normand.
Points forts
- La fluidité de l’histoire : les chapitres se succèdent d’un personnage à l’autre, en traversant ces différentes décennies.
- L’Histoire abordée avec le personnage de Guy ; l’atmosphère bien rendue en cette période où apparaît la Réforme. A travers cette guerre entre les catholiques et les protestants, des familles, des amis se querellent, se déchirent.
- L’arrivée du petit Dani à Paris ; son adolescence dans ce Paris des années 1960, le monde de l’apprentissage, de la vie, l’imprimerie…Et les événements de Mai 1968.
- Le livre très personnel de Guillaume Martin-Guyonnet, narrateur de ce récit en employant « je ». Il décrit le monde du cyclisme, les entraînements, les déplacements pour les courses, sa relation avec le vélo, les préparations, les souffrances physiques, le désespoir de ne pas gagner… et le rêve de vivre autrement et de revenir à La Borderie.
Quelques réserves
Je n’en ai pas vraiment trouvé. Mais ce livre est pour moi plus un récit, une sorte d’essai avec des réflexions philosophiques, qu’un roman. J’ai beaucoup appris, entre autres, sur le monde du cyclisme !
Encore un mot...
Dans ce livre tendre et très personnel, où se mêlent des époques, des destins, Guillaume Martin-Guyonnet nous invite à le suivre dans un voyage à travers le temps, et en partie à découvrir son histoire familiale. Il évoque les liens avec son père, le Covid qui le fait réfléchir, mais aussi se met à la place de Guy Lefèvre, une autre époque. Il parle de ce qu’il sait, et essaie de comprendre les événements passés. Il évoque la sagesse de ne pas avoir toutes les explications dans la vie, un peu comme dans les philosophies orientales. Les trois personnages ont, chacun à sa façon, la même passion des mots ; et pour bien construire sa vie, ne suffit-il pas de savoir rêver ? « Il y a toujours une part de reconstruction quand on parle du paradis perdu de sa jeunesse. »
Une phrase
« L’écriture devient alors pour moi presqu’un besoin, pour évoquer, voire évacuer les questionnements, pour m’occuper aussi. » p. 74
« Rêver, inventer, s’emporter, c’est après tout le meilleur moyen de vivre toutes les expériences possibles et impossibles, sans limites. » p. 296
L'auteur
Guillaume Martin-Guyonnet est âgé de 32 ans. Il est cycliste professionnel et diplômé d’un master en philosophie. Ses deux essais sont : Socrate à vélo. Le Tour de France des philosophes (Grasset, 2029) et La société du peloton (Grasset, 2021).
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