La Cité aux murs incertains

Un Murakami parfois obscur et trop long, donc moins envoûtant que les précédents romans du Maître
De
Haruki Murakami
Belfond
Traduit du japonais par Hélène Morita
Parution le 2 Janvier 2025
551 pages
25 €
Notre recommandation
2/5

Infos & réservation

Thème

Le narrateur de La Cité aux murs incertains est un adolescent de 17 ans tombé amoureux d’une jeune fille de 16 ans. Leur amour dure quelques mois pendant lesquels la jeune fille lui parle d’une étrange cité. L’amoureuse disparaît, elle a rejoint la Cité aux murs incertains. Pour la retrouver, l’adolescent gagne également cette cité, une singulière forteresse médiévale, et va devenir liseur de rêves dans une curieuse bibliothèque. Il y côtoie la jeune fille qui malheureusement ne le reconnait pas. Las, le narrateur se décide à rejoindre son premier monde. 

Parvenu au mitan de sa vie, solitaire, il quitte Tokyo et s’établit dans une petite ville où il est engagé dans une mystérieuse bibliothèque. Là, il rencontre d’étranges personnages liés à cette non moins étrange bibliothèque. Cette nouvelle existence, paisible et riche en émotions, va lentement le reconnecter à la Cité aux murs incertains. Et à la vie.

Points forts

  • Le narrateur, personnage central anonyme, hésitant entre 2 mondes : le nôtre et celui de la Cité aux murs incertains
  • Le rite de passage vers l’univers parallèle de la Cité aux murs incertains : laisser son ombre derrière soi. Comment ? Pourquoi ?
  • La vie étrange, douce, poétique dans la petite ville rurale de la deuxième partie du roman
  • La mystérieuse bibliothèque de cette ville et ses personnages tout aussi surprenants
  • La deuxième partie du roman, la plus envoûtante, toute en douceur et en mystères
  • Les thèmes chers à Murakami : la solitude, la mélancolie, la recherche identitaire, l’amour impossible.

Quelques réserves

La première partie où l’on pénètre dans la Cité aux murs incertains m’est apparue à la fois obscure et un peu fade. 

La deuxième partie qui se déroule dans la petite ville rurale vaut le coup de persister, mais globalement le roman n’emporte pas. 

Ce roman s’avère très long car la séduction prend du temps à opérer. L’ennui pointe parfois pendant les 200 premières pages. 

Encore un mot...

Pour découvrir le talent d’Haruki Murakami et sa capacité à entrainer les lecteurs dans ses atmosphères étranges et poétiques, préférez ses romans Kafka sur le rivage, Le Meurtre du Commandeur ou la trilogie 1Q84.

Une phrase

“ Elle finira bien par vous envoyer un message. Alors vous attendez patiemment. Vous n’avez pas d’autre choix. Mais vous avez beau attendre, non, il n’y a pas de message. Le téléphone ne sonne pas, il n’y a pas de grosse enveloppe dans la boîte aux lettres. On ne frappe pas à la porte. Il n’y a rien que le silence et le vide. Et voilà comment silence et vide deviennent vos amis les plus proches. Des amis sans lesquels vous préféreriez vivre. Mais ce sont vos seuls compagnons. Bien sûr, vous vous accrochez à la moindre lueur d’espoir. Mais comparé au silence et au vide, qui ressemblent à des armes lourdes et contondantes, l’espoir est aussi mince qu’une ombre.” (Page 138)

L'auteur

Né à Kyoto en 1949 et élevé à Kobe, Haruki Murakami a étudié le théâtre et le cinéma, puis a dirigé un club de jazz, avant d’enseigner dans diverses universités aux USA. En 1995, à la suite du tremblement de terre de Kobe et de l’attentat du métro de Tokyo, il décide de rentrer au Japon. Plusieurs fois pressenti pour le prix Nobel de littérature, il est un romancier internationalement reconnu. Haruki Murakami a reçu plusieurs prix littéraires : le prix Yomiuri Literary Prize, le prix Kafka 2006, le prix Jérusalem de la liberté de l’individu dans la société en 2009, le prix Hans Christian Andersen en 2016, le prix Cino del Duca en 2022, le prix Princesse des Asturies en 2023.

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