
Queer
Infos & réservation
Thème
Exilé dans le Mexico des années 50, William Lee, un écrivain américain homosexuel vieillissant, seul et désenchanté (Daniel Craig) tente de vivre sa sexualité loin du regard de ses proches. Souvent en panne d’inspiration, alcoolique et accro à l’héroïne, il traîne son dandysme, sa mélancolie dépressive, et sa soif d’aventures, dans les bars environnants. Un jour, il rencontre l'un d’eux, Eugène Allerton, un jeune G.I. intello, américain lui aussi, un séducteur faussement timide et sans doute bisexuel (Drew Starkey). Les deux hommes deviennent amants. Lee, par amour fou, Allerton pour le plaisir d’avoir mis un homme à ses pieds. Tous les deux partent dans la jungle sud-américaine à la recherche de la racine de « Yagé », une drogue hallucinogène, aussi rare que mystérieuse. Après y avoir goûté et vécu, ensemble une expérience sexuelle et sensorielle d’une force torrentielle, le couple se brise. C’est Allerton qui quitte Lee, le laissant désespéré…
Points forts
La facture du film. Splendide, par moments onirique, surréaliste, voire psychédélique, elle évoque tour à tour Edward Hopper et Salvador Dali. On admire le tour de force du réalisateur qui a entièrement tourné ce Queer censé se passer au Mexique dans les studios de Cinecittà.
Sa sensualité. Une fois de plus on ne peut qu’admirer cette façon unique, qu’a Luca Guadagnino de filmer les corps d’hommes, dans leur désir, leur abandon et leur masculinité.
La belle surprise de sa distribution, avec notamment un Daniel Craig bouleversant en homosexuel lubrique, alcoolique et désabusé, et aussi un Drew Starkey magnétique, parfait en éphèbe préférant la séduction aux sentiments
Quelques réserves
Le trop grand nombre de séquences oniriques dans la dernière partie de ce film somptueux risque de dérouter le spectateur et lui fera sans doute remarquer qu’il est un tantinet trop long : 2h16.
Encore un mot...
Après son sublime et si sensible Call me by your name, et son plus récent Challengers, tout aussi subtil et sensationnel, on attendait beaucoup de cette adaptation par Luca Guadagnino de la nouvelle éponyme de William S. Burroughs. Tous les ingrédients étaient réunis pour que le film du cinéaste italien confine au chef d’oeuvre : son sujet, une histoire sensuelle et sexuelle entre deux hommes ; son décor, un Mexique à la fois clinquant et mystérieux, et ses personnages, tout en même temps désabusés, rebelles et hédonistes.
A l’arrivée, on découvre un film passionnant, formellement parfait, joué, on n’aurait rêvé mieux, et magistralement mis en musique par les compositeurs Trent Reznor et Atticus Ross. Mais avec ce bémol d’une troisième partie un peu trop longue et un peu trop esthétisante. On recommande néanmoins ce Queer pour son romantisme, sa beauté, son culot, son scénario, si fidèle au texte dont il est tiré et le plaisir qu’on éprouve devant un Daniel Graig dans l’un de ses meilleurs rôles, en total contre-emploi.
Une phrase
« Daniel Craig apporte à son personnage de William Lee une fragilité sublime et une impudence assumée, en plus de cet humour qui fonctionne très bien à l’écran. Il a trouvé la timidité et la modestie de William S. Burroughs, sans oublier que derrière son effronterie et son caractère convivial, c’était au fond un homme très délicat » ( Luca Guadagnino, réalisateur- extrait du dossier de presse)
L'auteur
Réalisateur, scénariste et producteur italien, Luca Guadagnino, né à Palerme 1971 et diplômé d'Histoire, s'est fait connaître dans le monde entier en 2010 grâce au Film Amore dans lequel il dirigeait Tilda Swinton. Auparavant, le cinéaste italien avait déjà réalisé : en 1999 Les Protagonistes (présenté à la Mostra de Venise); en 2003 Mundo Civilizado, un documentaire projeté à Locarno ; en 2005, Cuoco Contadino, présenté à la la Mostra de Venise, puis Melissa P.,un long métrage de fiction.
Après Amore, qui lui vaut donc une réputation internationale et une nomination aux Golden Globes, il sort encore plusieurs documentaires, dont un sur Bertolucci et se lance dans la mise en scène de théâtre (notamment avec Closer de Patrick Marber) et d’opéra (dont Falstaff de Verdi).
Il revient au cinéma en 2015 avec A Bigger Splash, en 2019, avec Call me by your name (à ce jour, son plus grand succès public), en 2022, avec Bones and All et en 2024 avec Challengers.
Queer qui sort aujourd’hui sur les écrans français est une adaptation d’une des œuvres cultes de l’écrivain américain William S. Burroughs.
Ajouter un commentaire