Lads

Un long-métrage saisissant dans l’univers des jockeys qui marque la révélation d’un acteur, Marco Luraschi
De
Julien Menanteau
Avec
Marco Luraschi, Jeanne Balibar, Marc Barbé…
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Thème

Ethan (Marco Luraschi) a dix-sept ans. Les chevaux sont sa passion. Il touche son rêve du bout des doigts lorsqu’il devient apprenti jockey dans une écurie d’obstacles, tenue d’une main de maître par Suzanne (Jeanne Balibar). Sur place, le jeune homme découvre le monde des paris, des courses et de l’argent. Un univers où tout va vite et au sein duquel il va vite se faire autant d’alliés que d’ennemis. À mesure que sa passion grandit, sa frustration augmente également. Car s’il court pour gagner, c’est toujours au service des autres…

Points forts

  • Son approche réaliste. L’univers des jockeys a finalement été assez peu représenté au cinéma. Dans Lads, Julien Menanteau le filme avec un œil de documentariste. Loin du glamour des hippodromes, les personnages évoluent surtout dans des écuries peu accueillantes et des espaces inhospitaliers.

  • Son suspense. Malgré sa dimension naturaliste, le film captive littéralement le spectateur grâce à un rythme qui ne faiblit pas. L’histoire d’Ethan, dont l’ascension dans l’univers des courses est sans cesse menacée, est racontée tambour battant.

  • Sa mise en scène. Avec Lads, Julien Menanteau signe un film captivant, tant pour son scénario, que pour sa mise en scène. La séquence d’ouverture, dans laquelle les apprentis jockeys sont pesés, comme s’ils étaient du bétail, confirme le talent de ce réalisateur dont c’est ici le premier long-métrage de fiction.

  • Son interprète principal. Cascadeur équestre, Marco Luraschi tient ici son premier grand rôle au cinéma. Fils du célèbre Mario Luraschi, il est littéralement impressionnant en jeune homme ambitieux, qui devra se battre pour faire sa place dans un univers impitoyable. Le jury du Festival du Film Francophone d’Angoulême ne s’est pas trompé en lui décernant le Valois du meilleur acteur.

  • Ses seconds rôles. Le film arrive à faire exister différents personnages autour d’Ethan. De la patronne des écuries, interprétée par une Jeanne Balibar dans l’un de ses meilleurs rôles, au principal antagoniste, campé par Phénix Brossard, tous les protagonistes du film sont écrits avec précision et d’une complexité remarquable.

Quelques réserves

Passionnant, le film rate un peu sa fin, qui aurait mérité d’être davantage développée. Le dénouement paraît un peu bâclé, comme si le réalisateur ne savait pas comment finir son histoire. Hormis cette réserve, Lads reste un film assez intriguant, comme il est finalement rare d’en voir dans le cinéma français actuel.

Encore un mot...

Lads se concentre essentiellement sur les courses de galop avec obstacles, les steeple-chase. Un choix que le réalisateur a fait parce que ce sont les courses les plus spectaculaires puisque trois dimensions sont réunies, à savoir la vitesse, l’endurance et le relief. À chaque nouvel obstacle, tous les compteurs sont remis à zéro. Ainsi, les jockeys peuvent prendre du retard sur la prise d’appel du saut ou sur la réception, chuter… Ces paramètres, qui font que rien n’est jamais joué d’avance, ont intéressé Julien Menanteau, tant d’un point de vue dramaturgique que cinématographique.

Une phrase

« La crédibilité du film passait par le fait de tourner avec de vrais jockeys et de vrais chevaux d’obstacles, ce qu’on a fait. Marco Luraschi est né quasiment sur un cheval, il est le fils de Mario Luraschi, célèbre dresseur de chevaux du cinéma français. Marco est cascadeur équestre depuis des années, on l’a envoyé en écurie de galopeurs pendant un mois où il a appris la monte jockey. C’était important de ne pas avoir de doublure, ce qui nous a permis de filmer de près Marco sur de vrais purs sang, dans de vrais hippodromes, au milieu de vraies courses comme le Grand Prix des Flandres à Waregem ». (Julien Menanteau, dossier de presse du film)

L'auteur

Julien Menanteau se passionne pour le septième art assez jeune. Assez naturellement, il s’oriente vers des études de cinéma à l’Université de Montréal et un Master scénario à la Sorbonne. En 2013, il scénarise et réalise son premier court-métrage, Margot. Viennent ensuite trois longs-métrages, parmi lesquels Rikishi (2017), lauréat de la bourse d’écriture Beaumarchais SACD, qui reçoit le Prix qualité du CNC.

En 2018, il signe le documentaire Samaritain, qu’il a tourné pendant deux ans en Palestine. Le film, diffusé sur France Télévisions, lui permet de remporter une étoile de la SCAM (Société Civile des Auteurs Multimédia). En 2023, il retourne en Cisjordanie pour le court-métrage Palestine Islands, diffusé sur Arte, et qui lui vaut le Prix du jury Unifrance 2024. Avec Lads, film au casting composé de Marco Luraschi, Jeanne Balibar ou encore Marc Barbé, il signe son premier long-métrage de fiction, présenté en avant-première lors du Festival du Film Francophone d’Angoulême.

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