Lê Phô. Mai-Thu. Vu Cao Dam - Pionniers de l’art moderne vietnamien en France

La délicatesse de la trace Indochinoise, la nostalgie de l’exil, mêlées à la soif de modernité. Une émouvante découverte
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Musée Cernuschi-
7 Avenue Vélasquez
75008
Paris
01 53 96 21 50
Jusqu’au 4 Mai 2025. Du mardi au dimanche de 10h à 18h. Dernière entrée 17h30. Réservation fortement conseillée en raison de l’affluence

Thème

Le Musée Cernuschi nous emmène dans les pas de trois artistes nés au début du XXe siècle en Indochine à l’heure de la colonisation française. Leur parcours d’artiste débute grâce à l’ouverture de l’École des Beaux-Arts de Hanoï en 1925, puis les conduit en France dans les années 1930, l’exposition coloniale de 1931 à Paris leur donnant une première occasion de visibilité publique.

Le cours de l’histoire aboutit à leur impossible retour vers leur terre natale, devenue le Vietnam, et leur installation définitive en France. 

L’exposition nous fait découvrir, des débuts jusqu’au terme de leur longue carrière, leur parcours créatif, marqué par un regard avide de nouveauté mais à l’ombre duquel veille leur statut d’exilé.

Points forts

L’exposition permet de découvrir : 

  • Un pan méconnu de l’histoire de l’art et de l’histoire politique contemporaine : les interactions entre les initiatives artistiques en Orient et les méandres de l’Histoire dans un contexte colonial et sa chute.
  • L’apport de l’École Française des Beaux-Arts de Hanoï, qui combine dessin, peinture et sculpture, entre apprentissage de l’art occidental et naissance d’une conscience artistique indigène qui fait la part belle à son héritage culturel.
  • En quoi cette initiative a reçu un soutien officiel mâtiné de propagande.
  • Comment le talent dépasse la volonté politique, affirme une identité et des références communes avec des spécificités propres à chaque artiste au fur et à mesure de leur parcours.
  • Combien la délicatesse et la poésie, associées à une mémoire tantôt idéalisée, tantôt transcendée par une touche résolue de modernité, imprègnent les œuvres des trois artistes.
  • Une palette d’une grande subtilité, des techniques ancestrales réinventées, des représentations en évolution, comme des ponts entre l’Orient et l’Occident.

Quelques réserves

Aucune réserve ; une rétrospective, méritée pour un art méconnu, resituée dans son contexte historique avec finesse et intelligence.

Encore un mot...

Ne manquez pas les collections permanentes du Musée ; elles recèlent des trésors de l’art chinois et bouddhique. Et l’hôtel particulier en bordure du Parc Monceau qui les enchâsse, a un charme indéniable.

Une illustration

Mai-Thu Femme à sa coiffure Nice. 1942. Couleurs sur soie Collection particulière © Comité Mai-Thu, ADAGP Paris, [2024]

Une phrase

« Le catalogue de cette exposition est conçu comme un ouvrage de référence permettant de mettre en lumière les grandes périodes de la vie et de la carrière de chacun des trois artistes. Leurs choix personnels s’y trouvent confrontés à la Grande Histoire qui imprime sa marque sur leur trajectoire. » Communiqué de presse Musée Cernuschi - 2024

L'auteur

Lê Phô, peintre (1907-2001) :
Fils du vice-roi du Tonkin, élève de la 1e promotion de l’École des Beaux-Arts d’Indochine à Hanoï, en 1925, il est invité à Paris à l’occasion de l’Exposition Coloniale de 1931. Il retourne au Vietnam de 1933 à 1937, année où il s’établit définitivement en France.

Mai-Thu, peintre (1906-1980) :
Fils d’un haut-dignitaire à la Cour de Hué, il intègre également l’École des Beaux-Arts d'Hanoï à son ouverture. D’abord professeur de dessin au lycée de Hué, il arrive en France en 1937 à la faveur de l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs, pour ne plus en partir. Il s’engagera en 1939 dans l’armée française avant d’être démobilisé en 1941. 

Vu Cao Dam, peintre et sculpteur (1908-2000) :
5e d’une grande famille indochinoise catholique aisée de 14 enfants, il fait partie de la 2e promotion de l’École des Beaux-Arts. Bénéficiaire d’une Bourse pour étudier en France en raison de son talent, il arrive en 1931. Il décide d’y rester et se marie en 1938 avec une pianiste française, Renée Appriou.

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