Adolescence

Quand la vérité d'un drame crève l'écran
De
Philip Barantini
Scénario Jack Thorne et Stephen Graham
Mini-Série TV, Netflix
4 épisodes, mars 2023
Episodes : entre 50 et 60 mn
Avec
Stephen Graham (le père), Owen Cooper (Jamie), Erin Doherty (la psychologue), Ashley Walters (l'inspecteur de police)
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Thème

Dans une petite cité sans histoire du nord de l'Angleterre, un matin, la police enfonce avec violence la porte d'un petit pavillon où vit la famille Miller. Elle vient arrêter, sous les yeux éberlués de ses parents et de sa sœur, Jamie, 13 ans, soupçonné du meurtre d'une adolescente de son collège. 

Cette mini série nous conduit de la révélation du crime à la recherche de la vérité, 13 mois décomposés en épisodes qui en dévoilent quatre moments clefs : 

L'arrestation et la mise en cause de Jamie, l'enquête auprès de ses camarades de collège, un entretien avec une psychologue, et un presque épilogue sur le quotidien fracassé de ses parents et de sa sœur.

Points forts

  • Contrairement à ce que cette synthèse ferait croire, Adolescence n'est pas une série policière au sens propre du terme. Elle s'intéresse particulièrement - et c'est son intérêt- aux circonstances qui ont conduit au drame, à la psychologie de Jamie dont on découvre petit à petit les influences, les frustrations, le harcèlement et les fractures. 

  • Cette série dévoile l'univers psychologique de certains adolescents d'aujourd'hui, ballotés entre leur mal être, l'image que leur renvoient amis et collégiens, la recherche de la rencontre amoureuse et de la popularité sous l'influence des réseaux sociaux, et plus encore des codes qu'utilisent les adolescent pour asséner une identité, un profil, une image exposée aux yeux de tous.

  • En particulier, Owen Cooper, 15 ans, qui interprète Jamie, est époustouflant de vérité fragile et ambiguë. A sa suite, des parents aux policiers, des collégiens au personnel judiciaire, de l'avocat à la psychologue, tous les personnages sont particulièrement convaincants. 

  • Ces quatre épisodes sont filmés en plan séquence, une seule prise continue, qui suit, sans jamais les lâcher, les personnages au centre de l'intrigue. Vous vivez proprement à leur côté, en temps "réel", en voiture, dans les couloirs, dans les salles, avec une impression d'immersion - diffuse au début car vous ne la comprenez pas spontanément - totale jusqu'à la dernière seconde, extrêmement poignante.

  • Prouesse technique qui s'accompagne d'une prouesse d'acteurs, car aucune des scènes qui s'enchaînent ne peut être rejouée si elle n'est pas parfaite dans son contenu et dans sa forme.

Quelques réserves

La seule réserve à cette série est son impact fortement émotionnel. Claque, coup de poing, les métaphores qui vous viendront à l'esprit ne manqueront pas. Vertus de la mise en scène certes, mais aussi vérité du jeu des acteurs devant une situation qui dérange, devant un risque qui ne pourrait épargner personne, une détresse si humaine, si légitime, si difficile à contenir. 

Encore un mot...

S'il fallait en désigner une, Adolescence est la série à regarder pour percevoir, à travers le voile, une certaine image de l'adolescence contemporaine, avec ses codes, ses fragilités et ses risques de se perdre dans des gestes sans retour. Les réalisateurs disent s'être inspirés de faits divers d'assassinats de jeunes par des pairs, survenus en Angleterre ces dernières années. 

Bien plus dans le fond que dans la forme, la série témoigne avec beaucoup de vérité, voire de violence, qu'ici ou ailleurs, une extrême attention doit être portée à l'environnement, notamment numérique, des adolescents d'aujourd'hui. Car il y avait dans cette famille tous les signes d'un bonheur simple ; sauf à avoir transmis, sans s'en rendre compte, dans l'esprit d'un enfant en quête d'identité, des stéréotypes rendus vénéneux par la dictature des  modèles diffusés par les réseaux sociaux.

Si cette série est à voir, retenez que vous risquez de ne pas en sortir "indemne" ! A moins d'avoir un cœur de pierre.

Une phrase

Le scénario d'Adolescence a été conçu et écrit par Stephen Graham et Jack Thorne. Le premier, acteur connu pour ses rôles de gangsters, incarne le père de Jamie dans la série. Le second est scénariste et producteur délégué pour le cinéma et les séries. Tous les deux sont britanniques. 

Philip Barantini, à qui l'on doit la virtuosité technique des plans séquence de chaque épisode, est acteur, réalisateur et producteur délégué. Il est également britannique.

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