Van Gogh à Auvers-sur-Oise, les derniers mois

Le testament d’un génie hors norme, un éblouissement à ne pas manquer
Notre recommandation
5/5

Infos & réservation

Musée d’Orsay
Esplanade Valéry Giscard d’Estaing
75007
Paris
Jusqu’au 4 février 2024. Du mardi au dimanche de 09:30 00 à 18:00, nocturne le jeudi jusqu’à 21 :45

Thème

Van Gogh a 37 ans quand sur les conseils de son frère Théo, il s’installe le 20 mai 1890 à Auvers-sur-Oise, commune du Vexin déjà connue des peintres de l’Ecole de Barbizon et des Impressionnistes ; il vient de passer 18 mois en Provence, d’abord à Arles puis, à sa demande, dans l’asile d’aliénés de Saint-Rémy de Provence.

Il espère y trouver un certain apaisement, notamment grâce au Dr Gachet, peintre et graveur à ses heures, qui lui a été recommandé par Pissarro et Cézanne.

Bien qu’il vive dans un grand dénuement matériel, Vincent Van Gogh est alors porté par un fort renouveau créatif et entre dans une période de production intense qui prendra fin tragiquement le 27 juillet 1890, par le suicide du peintre qui se tire une balle dans la tête.

C’est grâce à la ténacité et la clairvoyance de sa jeune belle-sœur Johanna Van Gogh, qui se retrouve précocement légataire de l’œuvre de l’artiste à la suite de son veuvage survenu 6 mois après le décès de son beau-frère, que l’œuvre de Van Gogh se fait mieux connaître auprès des artistes, des marchands d’art et galeristes, puis du grand public. Van Gogh, reconnu très rapidement comme un précurseur de génie de l’art moderne, inspire d’emblée une nouvelle génération d’artistes. 

La brièveté de la période choisie fait ressortir le génie du peintre, la fulgurance de sa vision, la singularité et la modernité de ses représentations.

Points forts

Unité de temps, unité de lieu, unité d’action… L’issue tragique au bout de la route donne à l’exposition la force émotionnelle d’une tragédie grecque.

À partir de paysages simples et champêtres, ses œuvres bouleversent par la puissance et la complexité des émotions universelles qu’elles suscitent. 

Pendant deux mois, Van Gogh n’a de cesse de peindre les paysages qui l’entourent ; tout l’inspire, le frémissement du vent dans les champs, le charme vallonné de la campagne, la lumière douce du Vexin, le pittoresque de la vie rurale et des maisons de village dont les toits de chaume lui rappellent son enfance néerlandaise. Enfin presque tout, car étrangement les paysans, nombreux dans cette région agricole, sont absents de ses toiles. 

L’artiste peint également de rares portraits emplis d’une infinie délicatesse.

La sensibilité de la palette a changé depuis la période provençale ; Van Gogh explore les bleus, les verts, les ocres dans une gamme chromatique qui atteint la profondeur du cœur et exprime les tourments de sa vie intérieure. Cherchant de nouveaux rapports de lumière, il joue des contrastes en virtuose, comme en témoigne par exemple son tableau L'église d’Auvers-sur-Oise.

L’utilisation du relief dans la matière, la vivacité des coups de pinceaux, les cadrages, la composition, les formats des toiles en double carré, sont éclatants de modernité ; ils sont d’ailleurs soulignés dans les cartels au côté des œuvres, dans une présentation originale qui apporte une réelle valeur ajoutée.

Plusieurs cabinets thématiques resituent l’œuvre dans son contexte : portrait de la personnalité du Dr Gachet, présentation du village d’Auvers à cette période, retentissement de la mort du peintre dans le milieu artistique, sans oublier, des extraits très émouvants de la correspondance entre Vincent et son frère Théo qui éclairent les tourments, les espoirs et les recherches du peintre.

Quelques réserves

Aucune. Une exposition à ne pas manquer, y compris pour ceux qui pensent « connaître Van Gogh ».

Encore un mot...

L’exposition est enrichie sous de nombreux aspects : 

  • Espace de médiation donnant des clefs de compréhension des couleurs et des reliefs chez Van Gogh
  • Expérience en réalité virtuelle, interactive et sensorielle autour de certaines œuvres à partir de la palette du peintre (tarif 6€)
  • Ateliers enfants, conférences, rencontres, concert, danse…

Une illustration

Une phrase

  • « Réellement, c’est gravement beau, c’est de la pleine campagne caractéristique et pittoresque. »
  • « Je croirais presque que ces toiles vous diront ce que je ne sais dire en paroles. »
  • « Et bien, mon travail à moi j’y risque ma vie et ma raison y a fondrée à moitié. »

(Extraits de lettres de Vincent Van Gogh à son frère Théo et son épouse Jo.)

L'auteur

Vincent Van Gogh naît le 30 mars 1853 à Zundert (Pays-Bas), dans une famille bourgeoise. Son père est pasteur.

A 25 ans, après avoir abandonné des études de pasteur, il devient prédicateur laïc auprès de mineurs de charbon en Belgique.

En 1880, il décide à 27 ans de devenir artiste et prend des cours de peinture mais se forme surtout en autodidacte, grâce au soutien financier de son frère Théo qui se poursuivra tout au long de sa vie.

Il s’installe en 1886 à Paris chez son frère, et côtoie Signac, Gauguin, Toulouse-Lautrec.

Début 1888, il s’installe à Arles, où Gauguin le rejoint. En raison d’une dispute entre les deux peintres, Van Gogh se tranche l’oreille.

A la suite de plusieurs crises de démence et d’internements successifs, Van Gogh demande en mai 1889 son internement à Saint-Rémy de Provence.

Le 20 mai 1890, il arrive à Auvers-sur-Oise et décède le 27 juillet de la même année.

 

Commentaires

Pierre Four
mar 26/03/2024 - 22:01

Van Gogh mérite toujours d’être redecouvert. L’exposition est remarquable.

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et les adresses courriel se transforment en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Expos encore à voir